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Une soirée avec Tommy Caldwell : détermination, passion et protection de ce que nous aimons

Le 23 avril, j’ai eu le privilège de me retrouver dans une salle remplie de grimpeurs, d’amateurs de plein air et de curieux au MEC de Vancouver, pour « Une soirée avec Tommy Caldwell », présentée par MEC et EDELRID. C’était l’un de ces événements qui marquent les esprits, non seulement en raison des histoires racontées, mais aussi parce qu’il suscite une réflexion plus profonde sur les raisons qui nous poussent d’aventurer en pleine nature.

Bien plus qu’un grimpeur d’élite

Avant d’entrer dans le cœur du soir, il faut rappeler qui est Tommy Caldwell et pourquoi sa voix est si importante au sein de la communauté de plein air.

Tommy est largement considéré comme l’une des figures les plus marquantes de l’histoire du sport. Que ce soit en escalade sportive, traditionnelle ou de grandes parois, il n’a cessé de repousser les limites du possible. Ses exploits sur El Capitan, dans le parc national de Yosemite, suffiraient à définir la carrière de la plupart des grimpeurs, notamment la première ascension de la Dawn Wall avec Kevin Jorgeson en 2015, une ascension qui a retenu l’attention du monde entier et a été largement considérée comme l’une des ascensions les plus difficiles jamais réalisées.

Mais ce qui rend l’histoire de Tommy particulièrement captivante, ce n’est pas seulement l’ampleur de ses exploits, mais aussi les obstacles qu’il a dû surmonter. Qu’il s’agisse d’avoir survécu à une prise d’otages lors d’une ascension en Asie centrale, d’avoir perdu une partie de son index dans un accident qui aurait pu mettre fin à sa carrière d’alpiniste, ou encore d’avoir dû lutter contre des blessures et des revers physiques, Tommy a connu des moments où le choix le plus facile aurait été d’abandonner. Mais, à chaque fois, il a trouvé le moyen de rebondir.

En l’écoutant parler, une chose est apparue clairement : pour Tommy, la résilience n’est ni performative ni dramatique. C’est une attitude constante. Mesurée. Une volonté de continuer à aller de l’avant même lorsque les progrès sont lents, incertains ou douloureux.

La réalité discrète de la résilience

Ce qui m’a le plus marqué tout au long de la soirée, ce n’était pas seulement l’ampleur des exploits de Tommy, même si les récits et les images de la Patagonie et du Yosemite étaient indéniablement incroyables, mais aussi son esprit.

Il n’y avait aucune trace d’ego dans la façon dont il parlait des défis ou des risques. Au contraire, il y avait de l’honnêteté. Une volonté de reconnaître l’incertitude, l’échec, l’épuisement, et le fait que les progrès sont souvent bien plus lents et moins linéaires que ce que les gens imaginent.

Il a parlé ouvertement des revers et des moments où les choses n’ont pas été prévues. Ce qui m’a marqué, c’est sa capacité à s’adapter sans perdre de vue la vision d’ensemble. À se réajuster quand c’était nécessaire et à continuer d’avancer, même lorsque les progrès devenaient plus lents, plus pénibles ou plus compliqués que prévu.

Je me suis tout à fait reconnu là-dedans.

La plupart d’entre nous n’escaladent pas de parois difficiles ni n’affrontent des conditions alpines extrêmes, mais nous vivons tous des moments dans la vie qui nécessitent de la résilience. Des moments où nous sommes contraints de repenser nos projets, de faire face à l’incertitude ou d’aller de l’avant malgré l’inconfort ou le doute.

Il y avait quelque chose d’incroyablement humain à entendre une personne aussi accomplie parler ouvertement de ces réalités.

Cela nous a rappelé que la persévérance est rarement liée à des avancées spectaculaires. Le plus souvent, c’est une question de constance. Il s’agit de continuer à aller de l’avant, même lorsque la voie semble incertaine.

Un respect plus profond pour la nature sauvage

Parmi les récits d’escalade et d’endurance, un autre thème m’a marqué tout au long de la soirée : le respect.

Lorsque l’on passe beaucoup de temps dans des espaces naturels, notre relation à la nature change. On commence à comprendre non seulement à quel point ces paysages sont puissants, mais aussi à quel point ils peuvent être fragiles.

Il y avait une véritable révérence dans la façon dont Tommy parlait des lieux qu’il avait explorés. Non pas comme des paysages à conquérir, mais comme des environnements à traverser avec prudence et considération.

Cette perspective me semble plus importante que jamais.

Nous sommes nombreux à nous tourner vers la nature, car elle nous offre ce qui est difficile à trouver ailleurs : un espace pour réfléchir, une autre perspective, le calme, un défi, un sentiment de connexion. Qu’il s’agisse d’escalade, de randonnée, de canot-kayak, de course ou simplement de passer du temps dans un parc près de chez soi, le fait d’être en plein air a une capacité de nous ancrer dans le présent et de nous reconnecter à ce qui compte vraiment.

Mais ces expériences s’accompagnent également de responsabilités.

De petits choix, un grand impact

Pendant l’événement, j’ai eu l’occasion d’échanger avec des passionnés de plein air tout au long de la soirée. Ce que j’ai le plus apprécié, c’est la façon dont les conversations ont naturellement passé de l’inspiration à la préservation de l’environnement.

Les gens voulaient discuter de moyens concrets de réduire leur impact en plein air. Comment se préparer avant de partir. Comment gérer ses déchets de manière responsable. Comment respecter la faune et les espaces partagés ? Comment prendre des décisions réfléchies qui protègent les lieux qui sont chers.

Ces conversations n’étaient pas motivées par la culpabilité ou la recherche de la perfection. Elles étaient fondées sur le souci de l’environnement.

C’est ça que j’apprécie le plus dans l’approche Sans trace. Il ne s’agit pas de restrictions, mais de conscience et de responsabilité. C’est reconnaître que les petits choix que nous faisons en pleine nature affectent l’avenir de ces espaces et les expériences que d’autres y vivront.

Parfois, la gestion responsable consiste à ramasser ses déchets ou à rester sur les sentiers. Parfois, ça signifie garder ses distances avec la faune, prendre des décisions responsables concernant les feux de camp, ou simplement ralentir suffisamment pour prendre conscience de l’impact que nous avons.

Ces gestes peuvent sembler insignifiants, mais ensemble, ils ont une importance considérable.

Que l’on escalade une voie de renommée mondiale ou que l’on profite d’un pique-nique dans un parc de quartier, nous partageons tous la même responsabilité de prendre soin des lieux dont nous profitons.

Les leçons après l’ascension

En repensant à cette soirée, certaines choses m’ont marqué.

Le progrès ne se manifeste pas toujours de manière spectaculaire. Souvent, il est lent, répétitif et incertain. Mais cela ne le rend pas moins significatif.

Les revers ne sont pas le contraire de la croissance. Ils en font partie intégrante. L’important, c’est la manière dont nous réagissons lorsque les choses se compliquent.

Le changement de perspective change tout. Passer du temps en plein air nous rappelle ce qui compte vraiment et nous aide à renouer avec nous-mêmes, avec les autres et avec le monde qui nous entoure.

Mais surtout, cette soirée a renforcé une conviction qui m’est chère : plus nous profitons de la nature, plus nous avons le devoir de la protéger.

Des événements comme celui-ci me rappellent pourquoi notre travail chez Sans trace Canada est si important. Pas seulement en théorie, mais aussi dans la pratique, au sein de la communauté, et dans les échanges qui se poursuivent bien après la fin de la soirée.

Continuons à gravir les sommets, quelle que soit la forme que cela prenne pour chacun d’entre nous, et faisons-le de manière à ce que ces lieux restent sauvages pour les générations à venir.